« Marie Claire : C’est Marie Claire, divorcée, 3 enfants.
Stéphanie : Je m’appelle Stéphanie, j’ai 36 ans. Maman de 3 enfants.
Marie Claire : Je fais de la couture, la nuit comme la journée. Je dors 4h par jour. Ce matin, j’ai entendu la voiture de mon voisin démarrée et d’habitude je regarde l’heure et j’éteins la lumière avant qu’il se réveille car après il crie sur moi (rire) et me dit « mais à quelle heure tu t’es couchée ? ». Au moindre problème, je m’évade dans ma couture.
Stéphanie : La génération de ma maman ou de ma grand-mère avaient le pouvoir dans la cuisine, dans la maison. Aujourd’hui, les femmes prennent le pouvoir à l’extérieur de chez elle. Je décide. Je n’ai pas envie de faire à manger… soit on mange au restaurant, soit on ne mange pas. Si les enfants ne lèvent pas leurs fesses pour faire à manger ou si Monsieur ne se lèvent pas, on ne mangera pas. Ça n’est plus, « parce que je suis la femme, je dois faire à manger. Je dois faire ceci, je dois faire cela ». Non.
Être une femme à La Réunion, aujourd’hui, c’est savoir taper du poing sur la table et d’accepter qui l’on est. On est l’avenir de demain. C’est la femme qui va relever La Réunion. C’est la femme qui va relever la monde de demain.
Parce que pour moi un garçon à autant de chance qu’une fille. Et une fille a autant de chance qu’un garçon dans ce qu’il veut faire. Il veut danser, il peut être danseur. Elle veut être présidente de la République, elle a le droit d’être présidente.
À Saint-Denis, on a la chance d’avoir une maire, ce qui prouve qu’aujourd’hui, les femmes peuvent obtenir des postes à responsabilités.
Marie Claire : Ah moi je dis toujours : « qui veut, peut ! » Donc si vraiment on veut, on réussit ! Il faut que la femme commence par elle déjà. Qu’elle s’aime soi-même pour pouvoir aller vers les autres. Aimer les autres. On ne peut pas aimer quelqu’un si on ne s’aime pas. Ça sera peut-être plus difficile.
J’ai été maman à l’âge de 27 ans. Je crois que j’aurai fait plus d’enfants si c’était à refaire. J’ai toujours voulu une grande famille. Comme monsieur est parti, je me suis arrêtée à 3. C’est un bonheur. Ça n’est pas donné à tout le monde d’être maman, déjà.
Stéphanie : L’éducation que je donne à mes enfants, est trop basée sur la bienveillance et qui fait qu’à un moment donné, on se perd dans cette bienveillance car on ne sait plus comment interagir avec nos enfants. Pour moi c’est dû à la société. Avant on avait le droit de donner une gifle à son enfant parce qu’il l’a méritait. Aujourd’hui, si tu le grondes en société, tout de suite, tu as les foudres des gens qu’il y a autour de toi. La société nous impose de changer l’éducation de nos enfants et qui, des fois, n’est pas forcément meilleure pour eux.
Marie Claire : Être parents aujourd’hui, c’est un peu plus dur qu’avant. Avant avec les yeux, on parlait. Les enfants, ils comprenaient. Maintenant, tu peux, les yeux, la tête, le pied…il ne comprend plus rien (rire). L’enfant devient dominateur. Et les parents, il y en a qui flanchent. Et ça c’est dommage.
Stéphanie : Avant, on te disait « Mi appel la police pou ou ! », tout de suite tu avais peur [en tant qu’enfant]. Aujourd’hui, je dis ça à mon fils de 10 ans, « appelles, moi j’appelle SOS enfants battus ». Voilà, à 10 ans, ce qu’il m’a sortit. Moi, à 10 ans j’aurai sorti ça… j’aurais eu un « sac le coup ».
Marie Claire : Moi je parle de tout avec mes enfants dans tous les domaines. Même avec mes petits enfants, je commence à leur expliquer certaines choses. Que son corps, personne ne doit y toucher, qu’il n’y a que lui qui regarde son corps et sur ce point là au moins, il comprend que son corps est à lui, ce n’est pas à son voisin.
Stéphanie : Les valeurs que je veux transmettre à mes enfants seraient vraiment cette acceptation de l’autre. Qu’il soit grand, petit, gros…on l’accepte tel qu’il est. Qu’il soit triste, on accueille sa tristesse et on lui apporte de l’amour pour qu’il ne soit plus triste. S’il est heureux et bien on accepte son amour, sa joie et on lui redonne encore plus de joie.
Marie Claire : Tous les dimanches, on mange chez mémé. Grand repas familial. Nous, on est très famille. Il y a les grands-parents, les oncles, les tantes, les cousins… Tout le monde se connaît. Tous les dimanches, tout le monde se retrouve. Il y en a qui ne veulent plus fréquenter la famille, qui veulent se retirer. Ils sont grands, ils volent et après ils retombent et quand ils retombent, ils cherchent la famille. Et là, des fois, il n’y a plus personne(rire).
Stéphanie : Ma grand-mère vient des Hauts de Saint-Paul. Quand moi j’étais petite, quand on y allait… ils n’ont pas d’argent dans les Hauts de Saint-Paul. Vraiment la famille terre à terre mais il y avait toujours une belle tablée. Pourquoi ? Parce qu’il y avait « un ti cochon dan la cour » , « un ti caré la terre où ils peuvent planter« . Donc pour moi, on vivait mieux avant malgré la pauvreté. Là, avec la guerre d’aujourd’hui, on a peur, on s’inquiète parce que, le manger pour les animaux vient d’Ukraine et ceci, cela, donc on a peur de ne plus pouvoir manger demain. Dans la société d’aujourd’hui, il n’y a plus de troc.
Marie Claire : Moi, je dirai que j’ai eu une belle enfance. Avant avec tous les remèdes qu’on avait, si on peut dire les remèdes de grands-mères, étaient aussi efficaces que tous les médicaments qu’on met à notre portée qui ne sont pas forcément aussi bons à la longue.
Stéphanie : On a eu une évolution autour des moyens de transports, de communication. L’évolution est importante mais peut-être trop. Avant, on ne connaissait pas ce qui se passait chez le voisin. On se contentait de ce qu’il y avait chez nous. Aujourd’hui, on ne s’arrête plus à ce qu’il y a chez nous, on va chercher que chez le voisin.
Là, le seul sujet de conversation : la guerre en Ukraine, il faut aider tous ces gens qui sont expulsés, qui n’ont plus de territoire. Sauf qu’à côté de chez nous, il y a la même chose aux Comores, à Mayotte mais on s’en fiche, c’est trop près.
Être réunionnaise pour moi, c’est savoir la valeur de notre pays. Et pas juste être née ici. Pour moi beaucoup de créoles qui sont nés à La Réunion, ne porteront peut-être pas forcément les valeurs de La Réunion telle que la valeur doit être portée. Un créole, c’est celui qui reconnaît l’amour, le partage et l’unité qu’est La Réunion d’aujourd’hui.
Marie Claire : Comme on nous a appris, nos ancêtres étaient Gaulois. Non, nos ancêtres n’étaient pas Gaulois. Ça, c’est impossible, donc oui je me sens réunionnaise déjà, c’est la base.
Stéphanie : Une femme réunionnaise, c’est porter son capeline, marche sans savate sous gros soleil.
On se déplace souvent car pour moi les enfants ont besoin de voir où l’on habite et c’est quelque chose qui nous tient à cœur de leur faire voir des petits recoins que nous on n’a pas pu voir étant jeune.
Marie Claire : Moi ce que j’aurai aimé, c’est de voyager avec eux [mes enfants] plus souvent mais financièrement, ça n’était pas possible comme pour tout le monde de faire un grand voyage familial. Les enfants, les petits-enfants, partir à un endroit, découvrir en même temps et de raconter tout ça quand on reviens. On a vu ça, on a fait ci, on a fait ça. Peut-être ça viendra.
Stéphanie : Aujourd’hui, on a cette possibilité de prendre l’avion, de voyager. Avant quand on était petit, le voyage c’était juste Maurice. L’avion Réunion/Maurice, on ne parlait pas anglais à l’époque. Aujourd’hui, tu fais Réunion/Paris, ils parlent en anglais donc du coup ton enfant se rend compte qu’il a besoin de l’anglais pour tout.
Pour moi, mon credo ça serait :
Ce site a été financé par l’Union Européenne dans le cadre du programme FEDER-FSE+ Réunion dont l’Autorité de gestion est la Région Réunion. L’Europe s’engage à La Réunion avec le fonds FEDER
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