Margaret : Je suis Margaret Fontaine, mariée, mère de 3 filles. J’ai 62 ans et je travaille en mairie annexe de Montgaillard.
Dorine : Je m’appelle Dorine, j’ai 19 ans. J’habite à Saint-Denis et je suis étudiante à l’Université de La Réunion. Je n’ai pas d’enfants.
Margaret : Pour moi l’amour, il y a l’amour avec un grand A et l’amour avec un petit a. L’amour avec un grand A : on s’aime, on s’est aimé, on s’aimera toujours. Dans cet amour, il y a ce qu’on appelle des concessions. Le petit a, c’est j’ai cru t’aimer, ça n’a pas marché, on se quitte, on se parle, on reste bons amis et on s’en va. L’amour avec un grand A, tous les jours il y a des discussions, on se parle, on fait des concessions, si ça ne va pas, on remet sur le tapis. Il faut trouver une solution et même derrière la porte des toilettes, j’attends pour discuter pour trouver une solution (rire).
Dorine : Déjà pour moi l’amour c’est positif. S’aimer soi d’abord et une fois qu’on a confiance en soi, si on a quelqu’un temps mieux, c’est beau et si on n’a personne tant pis. Je pense qu’il y a beaucoup de gens qui ont plus un manque d’affection et qui ont ce besoin d’être en couple et du coup, c’est grâce à leurs partenaires, qu’elles vont avoir confiance en elle, se trouver belles. Alors je pense qu’avant tout il faut faire ça seule. C’est un processus à faire seule et après le partenaire, c’est un plus.
Margaret : Le secret d’un amour qui dure ce n’est pas de se tenir la main tout le temps et tous les jours ou de se dire je t’aime tous les jours. Imaginons que j’arrive, j’ai fait à manger etc, il suffit que mon mari me dise que le cari que j’ai fait était très bon, ça va du fond du cœur. Il y a toujours des petites choses qui font qu’on remarque l’un et l’autre quand ça va, quand ça ne va pas, quand c’est bon, quand ce n’est pas bon.
Dorine : Je pense que si les gens ont un manque de confiance c’est parce qu’on est peut-être trop dans la comparaison. Regarder les points positifs chez autrui et au final ne pas voir les siens. Se parler devant un miroir, je pense que ça aide (rire).
Margaret : Petite fille j’avais des rêves…j’ai toujours des rêves, le monde meilleur comme on dit. Je me projetais, je me voyais chimiste, inviter des choses pour que le monde soit meilleur. Mais à la longue ce n’est pas vraiment comme ça, il a des embûches partout.
Dorine : Mon objectif de vie, c’est d’être heureuse tout simplement, peu importe ce que je fais. Me dire que j’aime ce que je fais. C’est surtout ça qui est important. Je ne veux pas que demain, je fasse quelque chose juste pour me dire que je le fais. Je veux être contente d’y aller, que je suis contente de le faire. J’ai un rêve…ça serait de voyager dans le monde entier. Voyager, c’est quelque chose qui me fait rêver. Je pense que c’est réalisable de voyager enfin si on s’en donne les moyen.
Margaret : J’avais un rêve professionnel. C’était d’être aide soignante. Je crois que je l’ai fait en faisant ces 20 ans de métier en tant que famille d’accueil avec les enfants EVASAN qui venait se faire opérer ici et qui restaient chez moi jusqu’à leur retour à la maison. Je suis carré, je suis toujours là. On peut m’appeler à minuit si on a besoin de moi je suis toujours là. Si les gens sont heureux, je suis heureuse.
Dorine : J’ai conscience que j’ai un bel entourage autour de moi. Dans l’éducation dans laquelle j’ai grandi, très tolérante. Comprendre que les gens ont leurs défauts, leurs qualités et qu’il faut les accepter comme ils sont. Il faut de tout pour faire un monde.
Margaret : À l’île de La Réunion, les valeurs c’est : nou donne la main! Aide a nou entre nou. Dans 1km2, il peut y avoir la mosquée, le temple chinois, le temple malbar, l’église catholique. Tous ensemble longtemps, main dans la main.
Dorine : Pour moi grandir à La Réunion, c’est un avantage. Jusqu’à aujourd’hui, je ne vois pas de mauvaise chose.
Margaret : Je me dis qu’ici on a tout. Tout en un. Je ne changerais pour rien au monde l’île de La Réunion. Je suis fière d’être réunionnaise.
Dorine : S’il y avait eu une classe bilingue français/créole, j’aurais aimé. D’ailleurs à la fac, on a des options et j’ai repris le créole.
Margaret : Je trouve qu’aujourd’hui, le français prime sur le créole. Le créole réunionnais. Pourquoi ? Parce que j’ai mes nièces et neveux, ils comprennent tout ce que je dis en créole mais ils ne peuvent pas me répondre en créole. Ils ne savent rien dire en créole. Et là vraiment, je suis complètement déçue parce que notre langue est en train de « foutre le camp ».
Autrefois à La Réunion, franchement on vivait mieux. On ne cuisine plus de la même manière, on ne mange pas de la même façon. C’est vrai on doit avancer mais aujourd’hui, c’est pas pareil. Avant, il y avait une entente, la famille venait, tout le monde était là, on faisait avec. La solidarité existait. Je ne dis pas qu’elle n’existe plus aujourd’hui mais faut courir derrière. Oui il faut toujours aller se plaindre, battre les portes…Il y a trop de monde peut-être aussi, je ne sais pas. Mais on allait au travail à pied et on ne se plaignait pas. Aujourd’hui, avec les moyens de transport, on trouve encore le moyen de se plaindre. On a tout ce qu’il faut. On attend trop et on veut tout, tout de suite. Il faut arrêter de se plaindre. L’avenir appartient à ceux qui se lève tôt. Je suis dans un monde où tout le monde, quand tu les appels, il vient de se réveiller… mon dieu.
Dorine : De ce que mes parents me racontent, il y a plus de taux de criminalité, pour eux il y en a beaucoup plus aujourd’hui. Après moi je me demande parfois est-ce qu’il y en a plus ou est-ce qu’on en parle plus aujourd’hui et du coup on est plus vigilant sur ce sujet là…je ne sais pas trop. La santé, après, je pense qu’aujourd’hui, on mange plus n’importe quoi (rire) tout simplement. Tout ce qui est fast-food, voilà. Peut-être qu’avant c’était plus sain. Après, il y avait aussi moins les moyens. Il y a un changement là-dessus c’est sûr.
Margaret : Être une femme à La Réunion aujourd’hui au moment où je vous parle…être une femme c’est être libre dans sa tête dans son corps. La soumission, ça n’existe plus.
Dorine : De quoi je suis le plus fière… ? De moi (rire). Je sais que je m’aime. Ça n’est pas de la prétention, je m’aime, je m’accepte. Je pense que c’est très important. Il faut être fier de soi je pense avant tout.
Margaret : Souvent les personnes me disent « mais Margaret tu devrais t’arranger mieux que ça ». Mais moi je me dis en tant que femme, mon moi profond, je suis moi, je suis vraie, je suis comme ça. Là vous m’avez invité pour parler de mémoires de femmes, je vais à mon travail je suis comme ça, je ne vais pas être sophistiquée. Le paraître je n’aime pas ça. Je suis moi, je suis comme ça. Je peux arriver en talons et je peux être demain matin bien habillée bien maquillée et je serai toujours moi…Margaret.
Ce site a été financé par l’Union Européenne dans le cadre du programme FEDER-FSE+ Réunion dont l’Autorité de gestion est la Région Réunion. L’Europe s’engage à La Réunion avec le fonds FEDER
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